J’aimerais commencer cet article par vous remercier de me suivre chaque semaine, de me lire, de m’encourager.

Après une longue discussion avec quelqu’un qui se reconnaitra, j’ai décidé de vous parler un peu d’une de mes expériences.

Vous le savez, je suis photographe, j’aime partager avec vous les moments de complicité et de bonheur que nous vivons pendant ces séances.

Mais comme certains le savent, je suis aussi maman, de deux enfants (4 ans ½ et 16 mois).

Lorsque j’ai appris qu’Ethan, notre premier enfant, allait entrer dans notre vie, des tas de questions se sont posées. Parmi elles : comment devenir une famille ? Comment permettre à mon conjoint de devenir papa ?

Tout au long de ma grossesse mon conjoint m’a soutenue, mais très vite, je dirai à la fin du premier trimestre, s’est posée la question de son rôle, sa place ? Comment lui permettre de rencontrer son bébé, de devenir père avant la naissance, puis après.

Nous avons mis en place plusieurs choses pour cela.

D’abord, la communication. C’est sans doute l’élément essentiel à une bonne cohésion dans le couple quel que soit l’évènement. Nous parlions beaucoup, de notre vision de l’avenir, de ce que nous souhaitions transmettre à notre enfant, de ce qui pour nous n’était absolument pas envisageable. Nous cherchions déjà en amont des solutions à ce sur quoi nous n’étions pas parfaitement d’accord. Mais globalement nous étions plutôt sur la même longueur d’onde. Nous étions également d’accord sur le fait que rien de ce que nous étions en train de projeter ne se passerait comme nous l’imaginions et que cela nécessiterait des capacités (et volonté) d’adaptation plus ou moins importantes. Nous étions vraiment près à faire preuve d’écoute envers l’autre et à se soutenir mutuellement. Pour chacun de nous, le bien-être de l’autre était une priorité dans l’accueil de notre enfant car c’était pour nous la meilleure façon de l’accueillir.

Puis assez naturellement le choix de la préparation à la naissance s’est porté sur l’haptonomie. Il était primordial à mes yeux que mon conjoint puisse se sentir investi de son rôle de père le plus tôt possible. Lui, étant plutôt ouvert à tout, a suivi, avec enthousiasme, la route que je lui proposais. La première séance d’haptonomie a été absolument magique. J’étais à 4 mois et demi de grossesse, bébé commençait à bouger mais j’étais encore la seule à le sentir. Mon conjoint a suivi scrupuleusement la méthode indiquée par la sage-femme, et nous nous en sommes saisi, tous les trois. Ethan, ce jour-là, est venu se lover dans les mains de son père. J’ai senti l’émotion envahir mon mari, qui pour la première fois, sentait « son fils ». Nous ne savions pas encore le sexe de notre bébé, mais ce jour-là, mon conjoint en était convaincu. « C’est incroyable, je ne sais pas comment expliquer, mais j’ai vraiment ressenti la relation père/fils, c’était mon petit garçon ».

Enfin, initialement j’avais décidé d’allaiter Ethan. Puis la grossesse suivant son cours j’ai changé d’avis. Malgré toutes les recommandations, les arguments culpabilisants, etc, nous avons fait un choix qui était le nôtre. Offrir les bases les plus solides possibles à notre famille était pour moi une priorité. Je rêvais de voir mon conjoint investi de son nouveau rôle de père et cela me paraissait indispensable pour la suite de notre aventure parentale. J’ai fait le choix de ne pas allaiter, pour permettre à mon conjoint de prendre sa place de père le plus sereinement et simplement possible. Il y a des milliers de manières de prendre sa place de père. Nous avons choisi celle-ci. Nous n’aurions qu’un seul premier enfant, et si moi j’avais eu le privilège de partager 9 mois intimes avec lui, je souhaitais que le papa ait également son privilège. J’ai gardé le  premier peau-à-peau pour moi. Ce peau à peau qui m’a permis de concrétiser ma rencontre avec mon fils. Mais c’est son papa qui lui a offert son premier biberon. Je me souviendrai toujours de son moment si émouvant. Il n’y avait rien de plus beau qui puisse m’être offert que cette image qui resterait gravée dans ma mémoire. J’ai d’ailleurs pris le temps d’immortaliser ce moment, avec le peu de force qu’il me restait, et la qualité médiocre de mon smartphone.

Aujourd’hui encore, mon mari, qui rêvait d’avoir une fille, a créé un lien absolument extraordinaire avec notre fils.

Je n’ai pas le sentiment d’avoir « sacrifié » l’allaitement, comme je me l’entends souvent dire. J’ai le sentiment que nous avons pris une décision dans le respect des besoins de chacun d’entre nous, sans aucun regret.

J’ai souvent eu honte de raconter cette histoire parce que renoncer à l’allaitement semble si « mal » et « absurde » que je me sentais un peu une « hors la loi de la maternité ». Mais aujourd’hui je suis fière d’avoir fait ce choix. Je ne prétends pas que tout le monde devrait faire ce choix. Je pense que chacun doit faire les choix qui le respectent et respectent son conjoint. Je ne suis pas fière d’avoir renoncé à l’allaitement je suis fière d’avoir été au-delà des préjugés pour offrir à ma famille ce qui nous semblait le mieux pour elle.

Par choix également, j’ai allaité ma deuxième fille, et je vous en parlerai dans un prochain article. Mais je vous invite non pas à renoncer à l’allaitement mais à vous écouter l’un et l’autre afin que chacun puisse prendre sa place de parents en se sentant écouté et respecté de l’autre.

Et vous ? Comment avez-vous aidé votre conjoint(e ) à prendre sa place ? N’hésitez pas à témoigner en commentaire <3

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